Inondations / Floods (1)

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Les inondations en Thaïlande sont les pires jamais connues dans le pays depuis plus de 60 ans. Elles durent depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois pour certaines villes et certains villages. Cependant, l’incertitude plane, renforcée par la désorganisation et le manque de concertation entre les instances chargées de la gestion de la crise sans oublier leurs différends politiques malgré la gravité de la situation : les frictions sont en effet fréquentes entre le gouvernement en place avec la Première Ministre, la Cellule de Crise  et le Département de l’Irrigation, soutenu pas les Rouges, le parti adulé par les zones rurales, et le BMA, la municipalité de Bangkok, qui, elle, représente les Jaunes, le parti du Roi et de l’élite du pays dont la majorité vivent à Bangkok.

Ce qu’il faut comprendre à travers les discours officiels contradictoires, c’est que les autorités ne savent plus vraiment comment maîtriser l’afflux d’eau, même avec leur système de digues et de barrages érigés à l’aide de sacs de sable. Personne ne sait grand chose sur la durée des inondations ni leur vitesse ni combien de temps l’eau va mettre pour atteindre la mer.

Dans ce contexte flou, une seule certitude : les habitants des zones inondées ont le sentiment d’être sacrifiés afin de pouvoir protéger le centre ville de Bangkok, coeur économique et financier de la capitale, et exigent que les digues soient ouvertes pour que l’eau puisse se retirer de leurs quartiers et se rendre vers la mer en traversant Bangkok, quitte à inonder le centre ville. Juste demande soi dit en passant !

Même si, comme toute crise, les inondations en Thailande viennent avec son lot de spéculateurs et de profiteurs, je suis admirative devant l’esprit de solidarité dont font preuve la plupart des Thaïlandais. En me rendant dans la zone inondée de Pinklao, j’ai eu l’occasion de voir les jeunes de la Royal Thai Navy travailler d’arrache-pied dans la bonne humeur pour assister les sinistrés. Et le plus surprenant c’est que nombreuses sont les victimes qui gardent le sourire malgré la perte de leur maison, de leur travail, sans savoir quand ils pourront revenir chez eux et dans quel état ils vont retrouver leur maison. Fatalisme bouddhiste me direz-vous ? En tout cas, d’émouvantes images !

ENGLISH : The floods in Thailand are the worst the country has ever seen since the last 60 years. Some areas have been flooded for weeks, even for months for some places ! However, no one can tell for sure how long the floods will last, how fast the waters will reach the inner part of Bangkok and how long it will take to completely evacuate to the sea.

Thai authorities seems disorganized and aren’t really able to control the amount of waters approaching the inner parts of Bangkok, even with the dykes, the canals of the city nor the big sand bags barriers. And not to mention that the main authorities involded often disagree and keep themselves busy with a political struggle between the governement (The Prime Minister, the FROC and the Irrigation Department) supported by the Red-shirt people standing for the rural areas, and the BMA, the Bangkok Metropolitan Authority, linked to the yellow-shirts, the King’s party and the one of the Thai elite, most of whom live in inner Bangkok.

But everybody understand for sure that lots of floods victims are angry as they feel like they have been sacrificed to protect inner Bangkok and request that dykes are open so as to let the waters leave their areas and go to the sea through Bangkok. A reasonable request I guess though that may lead  to  floods in the economical and financial heart of the capital.

While visiting the flooded area of Pinklao, I was struck by Thai people’s courage, how most of them could keep smiling and joking when experiencing such dramatic floods, without knowing when they are able to return to their home. I was also amazed by the dedicated Royal Thai Navy staff who would assist the flood victims in a good mood. Some would say it is Buddhist fatalism. I would rather say it is moving scenes.

Photo 1 ci-dessus prise le 25 octobre 2011 : Précédant la période critique du 27 au 31 octobre (celle des marées hautes) et suite à l’annonce des autorités d’éventuelles coupures d’électricité et d’eau courante, nombre de rayons de supermarchés sont dévalisés en quelques heures. Plus d’eau, de conserves, de lingettes nettoyantes, de riz, d’oeufs ni de nouilles lyophilisées. Ici, au Tops de Silom, mêmes les poudres lessive, les gants de vaisselle, les seaux et les chips ont fait défaut. La nourriture (plats préparés, viandes, fruits et légumes) restent faciles à trouver mais les prix de la plupart des produits alimentaires ont bien sûr augmenté. Afin de faire face à la pénurie d’oeufs et d’eau en bouteille, les grands chaînes de distribution comme Tesco Lotus et Big C ont dû en importer de Malaisie ! Mais l’eau disponible (quand on en trouve) reste chère, 3 à 5 fois plus que la normale. Bateaux, bottes et gilets de sauvetage ont fait leur apparition dans les magasins de quartier, articles que proposent également des thaïlandais ayant perdu leur travail et reconvertis en vendeurs ambulants.

Above photo 1, October 25th, 2011 : Before the high tide critical long week-end of October 27th to 31st, and fearing any power and water cuts, residents of central Bangkok and its suburbs emptied lots of supermarket shelves : no more local bottled water, rice, canned food, eggs, dried noddles nor wipes. Here, at Tops Silom, buyers could not even find washing powder, chips, gloves and buckets. It is not hard to get cooked food, meats, fruits and vegetables, but prices of some items have clearly increased. Tesco Lotus and Big C even had to import eggs and bottled water from Malaisie ! When found, bottled water is 3 to 5 times more expensive than usual. Street shops and even locals who lost their jog and became street vendors started to sell very useful items such as boats, boots and life jackets.

Photo 2 : Barricades de sacs de sable à l'entrée de Central Silom // Sand bag barriers at the entrance of Central Silom

Photos 3 : Barricades de sacs de sable à la sortie de la station de métro Saphan Thaksin // Sand bags barriers at BTS Saphan Thaksin

Photo 4 : Ce magasin s'est bien préparé avec une pompe et une haute barricade de sacs de sable // This shop protections include a water pump and a high sand bags barrier

Photos ci-dessus 2 à 4 : Dans tous les quartiers de banlieues et du centre ville de Bangkok, magasins, maisons et entreprises se protègent tant bien que mal avec des sacs de sable. Ces derniers coûtaient 10 Baht le sac (env. 0,24 Euros) au début des inondations avant de connaître des hausses de prix spectaculaires atteignant parfois 1,5 Euros l’unité. Maintenant, beaucoup sont vendus à moitié remplis et certains résidents n’ont pas d’autre choix que les remplir eux-mêmes.

Above photos 2 to 4 : In all areas of Bangkok, shops, houses, companies protect themselves as much as they can with sand bags barriers. Prices of sand bags have increased from 10 Baht per unit (around 0.24 Euros) to 60 Baht in some places (1.5 Euros). Now lots of them are half-filled and some residents even have to fill them themselves.

Photo 5 : En bas du pont de Pinklao / At one end of Pinklao bridge

Photo 6 : Zone inondée jusqu'à la taille sur l'avenue Somdet Phra Pink Klao // Waist deep water on Thanon Somdet Phra Pink Klao road

Photo 7 : Afin de protéger leurs voitures, les résidents de Bangkok les ont garées sur les bandes d'arrêt d'urgence des autoroutes surélevées // In order to protect their cars, Bangkok residents have parked them along elevated tollways' emergency stopping lanes

Photo 8 : Dans le quartier de Pinklao, seuls les gros camions pouvaient circuler // In Pinklao area, only trucks could get through flooded zones

Photo 9 : Policier sur un jetski // Policeman on a jetski

Photo 10 : Chapeau aux jeunes de la Royal Thai Navy qui, sur le terrain, aident sans relâche les résidents des zones inondées en transportant les gens mais aussi du matériel et des provisions. // The Thai Royal Navy is very helpful, organizing boat transfers for residents, equipment and food in flooded areas.

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Photo 13 : Le long de la rue Arun Ammarin // Along Arun Ammarin road

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Photo 15 : Quelques embarcations à rame, menées par la marine thaï et pleines à craquer comme celle-ci, se faisaient tirer par des bateaux à moteur // Some rowing boats of the Royal Thai Navy had to be pulled by motorboats

Photo 16 : Tout le monde met la main à la patte pour distribuer les vivres aux sinistrés // Everybody is helping to distribute food and water to the flood victims

Photo 17 : Full loaded truck crossing the flooded area of Pinklao // Un camion rempli de passagers prêt à traverser la zone inondée de Pinklao

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Photo 19 : Pneumatiques, bateau à moteur ou à rame voient leur prix s'envoler // Prices of rowing boats and motorboats have quickly increased in the past few weeks

Photo 20 : Chacun traverse les zones inondées comme il peut, à pied, sur un raft de fortune en bambou, en camion ou en bateau // People cross flooded areas by foot, on big trucks, bamboo rafts or rowing boats and motorboats

Photo 21 : Tous les moyens sont bons comme ce raft en bambou et cette embarcation de fortune fabriquée à partir d'une cuve géante en plastique // All means are good, whether it be this bamboo raft or this boat made from a giant plastic tank

Photo 22 : Même si l'eau arrive lentement sur Bangkok, de nombreux habitants n'ont pas déplacé leurs voitures. Négligence ou manque de temps ? // Though the water arrives slowly in Bangkok, some inhabitants did not move their cars. Lack of time or negligence ?

Photo 23 : La vie dans les petites rues inondées s'organisent pour le passage des résidents, des vivres et de l'eau // Great solidarity in these flooded small streets for people, food and water transfers

Photo 24 : Avec les bateaux, les gros camions restent les meilleurs moyens de transport en zones inondées où les petites voitures ne s'aventurent plus // Boats and big trucks are the best way to get through flooded areas where small cars cannot make their way anymore

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Photo 26 : Sans aucune crainte des crocodiles et des serpents mortels échappés ni des questions sanitaires, nombre de sinistrés n'hésitent pas à marcher dans ces eaux contaminées par les produits chimiques // Without any fear of escaped crocodiles and deadly snakes nor the health issues, lots of residents walk in waist deep and contaminated water full of chemicals

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Photos ci-dessus, 5 à 29 : Toutes les photos ont été prises le 1er novembre 2011, entre le pont Pinklao et le quartier de l’hopital Siriraj où est hospitalisé le Roi de Thaïlande. Cette zone se situe de l’autre côté du fleuve Chao Praya, plus ou moins en face du Grand Palais. Fermé aux voitures privées, seuls les piétons, les cyclistes et les camions autorisés peuvent  circuler sur le pont. Pour ma part, j’ai traversé le pont à pied, avant de prendre un bateau à moteur de la Royal Thai Navy qui fait la navette entre Pinklao et Siriraj en 30-40 minutes aller-retour avec la possibilité de descendre en chemin.

Above photos, 5 to 29 : These pictures have been taken on November 1st, 2011, between Pinklao bridge and Siriraj Hospital where the King of Thaïland is hospitalized. This are is located across the Chao Praya river, just opposite the Grand Palace. Closed to small cars, the bridge was open only for walk-in people, bikers and trucks. As for me,I walked across the bridge, then took a motorboat of the Royal Thai Navy between Pinklao and Siriraj, within 30-40 minutes return. People could get off the boat wherever and whenever they wanted.

Photo 30 : Enfant s'amusant dans l'eau à l'embarcadère de Saphan Thaksin // Young boy swimming at Saphan Thaksin pier

Photo 31 : Beaucoup d'enfants s'amusent dans les eaux contaminées des inondations, sans connaître les risques de santé qu'ils peuvent encourir // Local Children enjoy swimming in contaminated waters without any fear of diseases they may get

Photo 32 : Une des sorties du métro de Saphan Thaksin // One of the exits at Saphan Thaksin BTS

Photos ci-dessus, 30 à 32, prises le 1er novembre 2011 : SaphanThaksin est une station du métro aérien de Bangkok mais aussi un embarcadère pour les bateaux longeant le fleuve Chao Praya, le long duquel se trouvent de nombreuses sites touristiques de la ville. J’avais eu la surprise de tomber sur un petit garçon qui s’amusait dans l’eau des inondations. Depuis quelques jours, de plus en plus d’articles de journaux mettent les habitants en garde contre les infections et les maladies de peau pouvant être contractées dans ces eaux stagnantes, contaminées par les produits chimiques des zones industrielles inondées.

Above photos, 30 to 32, on November 1st, 2011 : SaphanThaksin is a BTS station but also a pier to take tourist and local boats going along the Chao Praya River to get to offices but also some of the city’s main tourist attractions. I met this young boy playing in the water at Saphan Thaksin pier. Since a few days, press articles have flourished in the local newspapers about infections and skin diseases people may get when going in contaminated waters without any protection. Indeed, in most flooded areas, the waters are full of chemicals coming from flooded industrial zones.

Photo 33 : Tarmac inondé de l'aéroport de Don Muang // Flooded Don Muang airport's tarmac

Photo 34 : Orient Thai, une des compagnies aériennes à bas prix opérant habituellement à l'aéroport de Don Muang // Orient Thai, one of the Thai low-cost airlines that usually operates domestic flights at Don Muang airport

Photos ci-dessus, 33 et 34, prises le 30 octobre 2011 : L’aéroport de Don Muang est le second aéroport de Bangkok où n’opèrent plus que des compagnies aériennes thaïes à bas prix, notamment Nok Air et Orient Thai, pour des vols domestiques. Les autorités officielles avaient annoncé que Don Muang allait être protégé. Or, cela ne fut pas le cas et l’eau a très vite envahi le tarmac. Depuis, le niveau d’eau est monté et devrait maintenant largement dépasser le ventre des avions ! Les routes sont fermées, les zones dans et autour de l’aéroport évacuées, seuls les bateaux à moteur et les gros camions peuvent encore circuler et faire face aux courants.

Above photos, 33 and 34, taken on October 30th, 2011 : Don Muang airport is Bangkok’s second airport but only Thai low-cost airlines such as Orient Thai and Nok Air now operate there for domestic flights. Officials announced that Don Muang was safe but they were wrong as Don Muang was quickly flooded. By now, water exceeds the belly of the aircrafts ! Road have been closed, areas in and around the airport evacuated, only motorboats and bigh trucks can get through the area and face strong currents in some parts.

Un commentaire

  1. lisa said,

    11/11/2011 à 17:13

    touchant, surprenant et reflechi… ton post est super petite yummie et comme toi c’est un vrai plaisir ! de grosses bises🙂


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